Les frais bancaires regroupent l’ensemble des sommes facturées par un établissement bancaire pour faire fonctionner un compte ou réaliser des services, comme le rappelle la Banque de France. Pris isolément, ces frais paraissent souvent modestes. Mais lorsqu’ils s’accumulent, ils peuvent représenter une charge importante pour certains foyers fragiles. Chaque incident – rejet d’un paiement, dépassement de découvert – peut déclencher de nouveaux prélèvements. Selon le « Manifeste pour l’inclusion bancaire » publié par le ministère des Solidarités, ces frais finissent par peser lourdement sur le budget de certains ménages modestes. Comprendre d’où viennent ces prélèvements est donc un préalable avant d’apprendre à les contester et à chercher des solutions adaptées.
Les frais les plus pénalisants
Certains frais bancaires reviennent plus fréquemment que d’autres dans les situations de fragilité financière. Parmi les plus cités : les agios (intérêts liés au découvert), les commissions d’intervention, les frais de rejet d’opérations, les frais d’avis à tiers détenteur et les frais de tenue de compte. La Banque de France souligne que ce sont précisément ces prélèvements qui pèsent le plus sur les clients fragiles. Lorsqu’ils deviennent récurrents, la spirale est difficile à enrayer : blocages de compte, interdits bancaires, exclusion de services de base.
Plafonds légaux et protection du client fragile
Pour limiter ces effets, la réglementation a prévu certains garde-fous. Les commissions d’intervention, par exemple, sont soumises à des plafonnements spécifiques pour la clientèle identifiée comme fragile (Banque de France). Le décret n°2018‑1118 encadre notamment les frais liés aux avis à tiers détenteur. Concernant les frais de tenue de compte, ils sont soumis aux règles applicables en matière de convention de compte prévues par le Code monétaire et financier (Legifrance – L.312‑1‑1). Ces plafonnements et encadrements visent à limiter les risques de basculement vers une exclusion bancaire totale.
Agir en prévention face aux frais bancaires
Anticiper peut être une façon efficace d’éviter que les frais ne s’accumulent. Cela suppose d’organiser son budget, de connaître les règles en vigueur et de repérer tôt les signaux d’alerte. Plusieurs associations rappellent qu’il vaut mieux agir avant que les frais ne deviennent trop lourds. Certaines enquêtes d’instances familiales comme l’UNAF ou les UDAF indiquent que les ménages en difficulté peuvent supporter plusieurs centaines d’euros de frais d’incident par an. Cela montre qu’une meilleure prévention peut réellement alléger la charge financière.
Élaborer un suivi budgétaire
Ne pas suivre ses comptes au quotidien expose à des découverts répétés. Une méthode accessible consiste à construire un tableau simple : revenus d’un côté, dépenses de l’autre. On peut également estimer l’impact annuel des frais bancaires avec un calcul rapide : nombre moyen de frais × montant moyen. Par exemple, plusieurs dizaines d’incidents peuvent représenter plusieurs centaines d’euros sur une année. Mettre ces montants en perspective incite souvent à réagir : comparer des offres bancaires plafonnées, mettre en place des alertes SMS ou email pour anticiper un découvert. Par exemple, un compte de paiement comme BLING (9,99 €/mois) propose un IBAN FR, une carte Visa et un suivi en temps réel, ce qui peut aider à limiter les frais cachés et à éviter les incidents répétés.
Demander une offre spécifique clientèle fragile
Les établissements bancaires doivent identifier les situations de fragilité financière et proposer dans ce cas une offre adaptée, comme le rappelle la Direction générale du Trésor. Cette offre prévoit notamment des plafonds réduits pour certains frais et des moyens de paiement sécurisés. Elle constitue un dispositif de protection utile, encore trop peu connu, qui peut contribuer à alléger un budget contraint. Autre piste concrète : les avances d’argent sans frais, jusqu’à 100 €, proposées par BLING, sous réserve d’éligibilité. Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager. Elles sont accessibles en quelques minutes et remboursables sur une durée flexible (maximum 62 jours), ce qui peut aider à passer un cap difficile sans recourir à un endettement plus lourd.
Contester et réduire ses frais bancaires
Lorsque des frais ont déjà été prélevés, il reste possible de demander leur remboursement ou réduction. La démarche est progressive : réclamation auprès de sa banque, saisine du médiateur bancaire si nécessaire, et en dernier recours, action en justice. L’INC rappelle que le médiateur bancaire constitue une solution gratuite et non judiciaire, efficace à condition de bien documenter le dossier. Conserver ses relevés, courriers et échanges est essentiel.
Étape 1 : Réclamer auprès de sa banque
La première démarche consiste à écrire à son conseiller ou au service clients. La lettre doit mentionner clairement les frais contestés et, lorsque c’est pertinent, rappeler les encadrements légaux. Voici les éléments généralement conseillés :
- Un objet clair : « Contestation de frais bancaires »
- La liste des frais (date, montant, libellé précis)
- Le rappel des plafonds réglementaires applicables
- La demande explicite de remboursement ou de réduction
Cette étape permet dans certains cas d’obtenir une solution amiable, en particulier lorsque les montants dépassent manifestement les plafonds réglementés.
Étape 2 : Saisir le médiateur bancaire
Si la réponse de l’établissement n’est pas satisfaisante, le médiateur bancaire peut être saisi gratuitement, sous réserve d’avoir formulé une réclamation écrite préalable (INC). Le client constitue alors un dossier (courriers, relevés, justificatifs) qui sera analysé par le médiateur. Ce recours permet souvent d’éviter une procédure judiciaire longue et coûteuse.
FAQ sur la contestation des frais bancaires
Quels frais peut-on demander à réduire en priorité ? Les commissions d’intervention, les frais de rejet et les frais d’avis à tiers détenteur, car ils font l’objet d’encadrements réglementaires (Ministère de l’Économie).
Peut-on contester une augmentation des frais de tenue de compte ? La réglementation impose l’information préalable du client et sa possibilité de refuser les modifications contractuelles (Legifrance – L.312‑1‑1).
Que faire si la banque refuse le remboursement malgré ces encadrements ? La saisine du médiateur bancaire est la suite logique. En dernier recours, une action judiciaire reste possible, même si elle demeure peu fréquente.
Recréer un accès bancaire après exclusion
En cas d’interdiction bancaire ou de clôture de compte, la vie quotidienne peut être fortement impactée : perceptions de revenus, paiement du loyer ou des factures. Pour éviter cette impasse, un dispositif existe : le « droit au compte », encadré par la Direction générale du Trésor. Il garantit l’ouverture d’un compte de base assorti de services essentiels. En parallèle, certaines offres de comptes en ligne ou de paiement peuvent aussi représenter une alternative adaptée.
Exercer son droit au compte
Toute personne dépourvue de compte peut saisir la Banque de France. Celle-ci désigne alors un établissement tenu d’ouvrir un compte de dépôt. Ce compte inclut des services essentiels définis par la réglementation : possibilité de recevoir des virements, d’effectuer des prélèvements, d’utiliser une carte de paiement à autorisation systématique, et de consulter son solde. Pour activer ce droit, il faut fournir une attestation de refus d’ouverture de compte et les justificatifs d’identité et de domicile. Ce dispositif constitue une réelle voie de réinsertion bancaire.
Alternatives : banques en ligne et néobanques
En complément, certaines banques en ligne et certains comptes de paiement proposent des formules à coûts réduits, souvent sans découvert autorisé. Bien que leurs services soient parfois limités (pas de chéquier, plafonds spécifiques), elles peuvent convenir à des personnes cherchant une solution simple pour maîtriser leurs dépenses et limiter la multiplication de frais.
Dispositifs d’accompagnement et aides disponibles
De nombreux acteurs accompagnent les ménages confrontés à des frais bancaires excessifs. Leur objectif est d’aider à gérer le budget, à contester les frais indus et à garantir l’exercice des droits bancaires. Associations de consommateurs, UDAF, UNAF, médiateurs : tous contribuent à réduire l’impact de ces frais. Certaines études locales, comme celles rapportées par l’UDAF, estiment que des familles en difficulté peuvent supporter jusqu’à plusieurs centaines d’euros de frais par an (UDAF11). Ces dispositifs de soutien jouent donc un rôle clé.
Associations et relais locaux
Sur le terrain, les UDAF et l’UNAF accompagnent les familles en difficulté : elles conseillent, orientent et aident à préparer les démarches de contestation. L’INC publie également des guides pratiques pour mieux comprendre ses droits. Les travailleurs sociaux, de leur côté, peuvent orienter vers ces relais spécialisés : accompagnement budgétaire, médiation, appui dans les démarches auprès de la Banque de France.
Initiatives législatives récentes
La loi aborde régulièrement la question. Le 21 décembre 2021, une proposition a été déposée à l’Assemblée nationale visant à renforcer l’encadrement de certains frais et à mieux lutter contre l’exclusion financière. Cette initiative prolonge les plafonnements en vigueur et s’inscrit dans une volonté plus large de protection des ménages modestes, en cohérence avec le « Manifeste pour l’inclusion bancaire » du ministère des Solidarités.
Vers une réinclusion durable
Être fragilisé par des frais bancaires ne devrait pas signifier une mise à l’écart définitive. Identifier les frais les plus lourds, mettre en place des solutions préventives, utiliser les recours disponibles et solliciter les aides : autant de moyens de retrouver une stabilité financière. Le droit au compte, les offres pour clientèle fragile ou encore la médiation bancaire sont des outils concrets. Mais au-delà des règles, l’objectif reste de redonner dignité et autonomie aux personnes concernées. Un compte de paiement comme BLING peut aussi s’intégrer dans ces démarches, sous réserve d’éligibilité et sans formalités trop complexes.

